Cyril Dion

129 vues
Ressources et description




Chargement des commentaires ...

Ce n'est pas un constat personnel mais public.

On sait qu'il y a une perte complètement incroyable de biodiversité, à la fois animale et végétale. La perte de biodiversité animale est considérable : nous avons perdu 50% des mammifères en 40 ans. La perte de biodiversité végétale est non moins considérable, notamment à cause de l'industrialisation de l'agriculture et de l'uniformisation de notre alimentation, puisque l'on se concentre aujourd'hui sur un petit nombre d'espèces pour se nourrir. Alors qu'il existe plus de 20 000 espèces comestibles, on se concentre sur quelques dizaines seulement. Les espèces qui ne sont plus cultivées, plus reproduites, et donc elles disparaissent de la diversité de notre alimentation et de nos écosystèmes.

Ceci est un problème : cet appauvrissement de la diversité fragilise les écosystèmes, et le cercle vicieux de disparition des espèces s'accélère.

Cet état de fait amène des problèmes en chaine : Dans l'hypothèse où l'on continue à avoir une perte de diversité aussi considérable dans les décennies qui viennent, l'ampleur sera telle que l'on parle de 6ème extinction des espèces animales. Mais les espèces animales et végétales sont extrêmement liées puisque les espèces animales dépendent des espèces végétales. C'est une partie de l'humanité qui pourrait disparaitre entre 2040 et 2100. Et l'on sait que l'on a de l'ordre de 20 ans seulement pour inverser la tendance.

Ce qui est complexe aujourd'hui, c'est que l'on a le sentiment qu'il n'y a pas de problème d'alimentation dans nos pays, puisque les supermarchés sont pleins, et que la production des aliments est de plus en plus virtuelle : la nourriture emballée, conditionnée, dont on ne connait pas vraiment la provenance ni le mode de culture. Il y a aussi une impression que l'on a la capacité de produire en abondance de la nourriture ad vitam eternam. En réalité, ce n'est pas le cas.

Et d'autre, la problématique du contrôle de la production alimentaire par un petit nombre d'acteurs est aussi une problématique qui est peu connue par le grand public.

La première piste de solution, selon moi, est donc d'informer, afin qu'un nombre beaucoup plus important de personnes soit au courant de cela. Et que l'on comprenne que se réapproprier la capacité de se nourrir est l'un des grands enjeux du futur.

Cela signifie cultiver soit même quand on peut - quand on a un jardin, personnel ou partagé. Et il faut le faire de manière la plus autonome que possible : en particulier, il faut que nous utilisions des semences anciennes et libres. Ainsi nous participerons à reproduire et à conserver des variétés anciennes qui sont en voie de disparition. Donc participer à recréer cette diversité !

Ce qui est compliqué pour faire comprendre l'enjeu des semences, c'est que dans notre société, on ne voit que des produits finis. Aussi, on ne se rend pas compte qu'une grande partie de ce que nous utilisons - ce que l'on mange mais aussi ce que l'on porte - tout cela vient de semences. Il y a énormément d'énergie aussi qui vient de plantes, donc de graines. Ainsi, les graines sont vraiment l'origine de ce qui nous permet d'être en vie sur terre.

Si on laisse ce bien qui est tellement précieux, et dont on dépend de manière aussi forte, être contrôlé par quelques entreprises dont le but essentiel est de faire du profit, on perd une base de notre autonomie individuelle et de notre démocratie. La démocratie, c'est faire et exiger que nous ayons le contrôle sur les choses dont nous dépendons pour vivre. Or les semences est l'une des ressources dont nous dépendons fondamentalement pour vivre. Donc, si nous n'en avons pas le contrôle, si nous n'avons pas la capacité de maitriser collectivement la façon dont les semences sont utilisées, si on ne les considère pas comme un bien commun de l'humanité, comme l'eau, comme l'air que l'on respire, nous allons au devant d'une problématique majeure.

Aujourd'hui, il est donc fondamental que de plus en plus de personnes comprennent cet enjeu et s'engagent pour protéger ce bien commun de l'humanité.

Le mouvement Graines de vie par exemple participe à cela.

Ce que font des personnes comme Philippe Desbrosses, Kokopelli, le réseau Semences paysannes, Vandana Shiva, Navdanya, est fondamental.

il faut soutenir ces personnes et ces mouvements, faciliter le fait qu'ils préservent des variétés et distribuent des semences, à faire de la formation.

Cela dit aujourd'hui, il faut élargir les actions, en faisant que chacun puisse devenir acteur.

Dans un projet comme Graines de vie, le fait de pouvoir mener des formations, de dupliquer ces formations, pour créer un effet en chaine. Chacun peut faire sa part de colibri. C'est de cette manière que nous pourrons agir.

Même si le sujet des semences est encore peu connu aujourd'hui, je pense qu'il sera, dans les années à venir, au cœur des débats sur l'écologie et l'alimentation.

J'aimerai aujourd'hui qu'un mouvement se lève et mène une protection de la biodiversité qui fera que demain nous pourrons continuer à vivre sur cette planète.

Télécharger
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés à vos centre d'intérêts. En savoir + OK