Courir ensemble : guide et non-voyant

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Ressources et description

Découvrez la course à pied du point de vue de coureurs non-voyants et de leur guide.

Cet entretien a été réalisé le 25 novembre 2016 au centre Paul Corteville de Roncq, avec la participation de Ludovic Plantefeve, guide de coureurs déficients visuels, Yves Desseaux, coureur malvoyant, et Véronique Van-Gansbeke, coureuse non-voyante.

Riches de leur expérience sportive, ils évoquent la course à pied au travers de 4 thèmes : la confiance, le sentiment de pratiquer un sport d'équipe, le dépassement de soi, et l'importance du rôle de guide pour rendre la course accessible aux personnes déficientes visuelles.

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YVES DESSEAUX, COUREUR MALVOYANT

J'ai commencé à pratiquer la course avec mon binôme en 2006 pour essayer tout du moins de faire l'ascension du Mont Blanc.

LUDOVIC PLANTEFEVE, GUIDE DE COUREURS NON-VOYANTS

J’ai rencontré la personne déficiente visuelle avec laquelle je cours lors d’une sensibilisation pour les chiens guides d’aveugles.

Nous avons décidé de nous mettre à la course à pied.

VERONIQUE VAN-GANSBEKE, COUREUSE NON-VOYANTE

J'aimais courir quand je voyais, j'ai démarré au collège.

Je faisais des petites courses, mais je voyais bien sûr.

Et quand j'ai perdu la vue tout s'est écroulé.

Je suis partie en clinique de rééducation fonctionnelle sur Paris et on m'a donné l'envie grâce à un animateur là-bas et on a commencé à courir en binôme sur une piste de stade.

UNE EXPERIENCE DE CONFIANCE

En tant que déficient visuel il n’y a pas de difficulté particulière pour courir.

Il suffit d’avoir un bon entrainement, avoir une complicité avec son binôme.

Après j’écoute son souffle, j’écoute son pas, donc ce sont tous des paramètres qui rentrent également en ligne de compte lors de la course.

On doit faire attention au terrain, à l’autre personne.

Ca permet de développer certains sens qu’on a pas l’habitude d’utiliser quand on court habituellement.

Avoir une confiance totale au guide c’est surtout se dire il va faire attention à ma personne, il va faire attention à un trou.

Là le guide est vraiment là pour me mettre en sécurité avec un confort de course.

UN SPORT D’EQUIPE

La course c’est un sport d’équipe. C’est une union, une complicité.

C’est vrai que le service que me rend mon binôme c’est de pouvoir courir.

Mais au fil des courses il se crée tellement une amitié que ce n’est plus une contrainte pour lui, c’est plus un plaisir qui se crée entre nous.

Le partage, la passion et l’amitié.

On est passionné de sport et d’une course on enclenche une autre course et on a envie d’enchainer une autre course etc.

LE DEPASSEMENT DE SOI

Courir c’est toujours un peu un dépassement de soi, parce qu’on essaie toujours de faire un résultat meilleur que le résultat précédent.

Pendant la course ça me permet de m’extérioriser et d’être un être humain à part entière.

On oublie automatiquement la déficience visuelle.

Pendant la course les autres coureurs nous félicitent, nous encouragent, et à l’arrivée, à la ligne d’arrivée, on est content.

On est content pour nous et pour la personne déficiente visuelle parce qu’on a réussi à faire ce challenge à deux.

DEVENIR GUIDE

Sur les réseaux sociaux j’ai créé une page pour raconter l’aventure d’un guide et d’une personne déficiente visuelle pour encourager les gens à faire la même chose.

C’est une très belle expérience à faire dans sa vie où il y a beaucoup de contact humain, beaucoup de rapprochement, on crée des liens très très fort avec la personne avec laquelle on court.

Avis aux amateurs de devenir guide, et avis aux personnes déficientes visuelles de franchir la barrière.

Rien n'est fini, même si on perd la vue, il faut y aller.

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