Coline Serreau

6,079 vues
Ressources et description




Chargement des commentaires ...

Ce qu’il faut bien comprendre, il y a une chose que peu de gens savent dans le public c’est qu’ il existe en Europe, dans toute l’Europe et presque dans le monde entier d’ailleurs un catalogue des semences. Ca s’appelle le catalogue du GLIS, du Groupement National Interprofessionnel des Semenciers. Ce catalogue comporte les graines, les semences que vous avez le droit d’acheter ou de vendre. Ce catalogue a été trafiqué de telle manière qu’il n’existe plus pratiquement à 99% d’autres semences que des semences qu’on appelle hybrides F1, c’est à dire que vous achetez chez un grainetier des tomates et vous dites je suis en bio je veux faire du bio je veux me faire de belles tomates bio chez moi et effectivement vous les plantez chez le grainetier vous plantez vos tomates et vous mettez pas de pesticides, vous mettez rien etc, elles poussent les belles tomates ok. Vous prenez les graines d’une tomate parce que c’est comme ça qu’on fait pousser l’année prochaine les graines, il y a plus de graines, vous replantez il y a plus de tomates c’est fini. C’est ça les hybrides F1. Ils se sont dépatouiller pour ne nous vendre et nous permettre de vendre que des semences qui ne sont pas reproductibles alors que la nature dans sa prodigieuse générosité quand vous avez une semence, une seule, un petit grain de blé, en deux trois ans il vous donne des milliards de graines de blé, pareil pour un tilleul donc il y a une espèce d’énorme générosité de prolixité de ce que donne une semence dans la nature, ça ils l’ont castré, ils ont coupé le vivant et de manière à ce qu’à chaque fois vous voulez replantez quelque chose qui va vous nourrir vous êtes obligés de le racheter. C’est le premier grand immense scandale et ce scandale là, les gens ne le connaissent pas parce qu’ils se gardent bien d’en parler, alors ils vous diront que c’est pour avoir toujours avoir la même qualité, ou des sottises de ce genre en fait c’est pour toujours empêcher les gens d’utiliser cette gratuité et cette générosité de la nature et qu’on achète les semences.

Autre chose, ils n’ont mis dans ce catalogue que les semences bien sûr qui vont leur rapporter le maximum d’argent, c’est à dire des semences qui sont mal adaptées, qui ont besoin d’énormément de pesticides, qui ont besoin d’énormément d’engrais, qui ont besoin d’eau le trois quart du temps alors que des fois vous êtes dans des pays où il n’y a pas d’eau et donc ils vont vous le vendre tout ça, ils vont vendre des plastiques, des serres, des pesticides, des intrants, ils vont vous vendre de l’irrigation etc, de la flotte et tout ça pour faire des profits alors que le principe de l’échange des semences par les paysans et c’était et ça a toujours été jusqu’à maintenant et c’est pour ca qu’on est nous, vous, moi, tout le monde en vie parce qu’il y a eu avant nous des gens capables qui ont su sélectionner les semences et puis les faire reproduire

Autrefois on prenait une semence, on la plantait dans son sol, on prenait les plus beaux fruits ou les plus légumes, où ce qui sortait de plus beau et cette semence là, c’est à dire ces graines là on les sélectionnait, ça s’appelle sélectionné, on les séchés et on les faisaient attendre, et on la replantait après et au fur et à mesure de l’évolution, ces semences s’adaptaient à votre terroir, à votre climat, à votre position chimique de vos sols, vous comprenez, ce n’est pas du tout du rêve c’est extrêmement précis.

Donc il existe par exemple des maïs qui n’ont pas besoin d’irrigation, ils sont interdits.Iils vont vous vendre sur le catalogue que des maïs qui demandent des tonnes d’irrigation et ils vont vous plantez ça dans des pays comme dans le sud de la France où il n’y a pas d’eau mais ils bétonnent tout ça pour faire du fric.

Le travail qu’à fait Philippe Desbrosses, qui est génial, c’est justement de conserver un énorme conservatoire de graines qui ne sont pas hybrides, c’est à dire que vous les replantez, les fruits que vous récoltez de ces semences là et ça continue, et ça continue et ça évolue surtout parce que rien n’est fixe dans le vivant, mais par contre il y a toute sorte de différences de temps, dans le temps que peut durer une semence.

Une semence de dattier, ou de figuier je crois, de dattier ça peut durer 2000-3000 ans puisqu’on en a retrouvé dans des sarcophages, qu’ont les a planté et elles ont repoussé. Y a des semences qu’il faut replanter tous les deux ans, d’autres tous les trois ans, ou d’autres tous les ans pour qu’on puisse les conserver, ou d’autres c’est 50 ans tout ça il le sait Philippe, il les a expérimenté, enfin je dis Philippe c’est la ferme de Sainte Marthe, tous les gens qui y travaillent.

Et c’est vrai que c’est du travail aussi de maintenir ce capital génétique, à la limite vivant et le fait qu’on le distribue gratuitement ou pas et que tout le monde puisse sélectionner ses graines c’est extrêmement important et ça c’est ce que dit Vandana Shiva, en Inde, un cultivateur ne peut pas lui continuer à garder 200 semences, 200 variétés de riz mais 200 cultivateurs peuvent parfaitement le faire. C’est ce qu’on appelle la multiplication par la communauté donc si on empêche, parce qu’il y a un procès maintenant contre Kokopelli qui dure depuis des années qui perd, qu’il remet en appel etc mais il perd beaucoup de temps, beaucoup d’argent. On lui interdit Kokopelli.

KOKOPELLI c’est Dominique Guillet, c’est aussi des gens qui sauvent des semences et qui les distribue et bien on les harcèle ces gens là, et Philippe Desbrosses et aussi quelqu’un qu’on harcèle parce que si eux gagnent, si le public comprend qu’on est entrain de les rouler comme dans la farine et bien il y a des profits qui vont se perdre.

Je pense qu’il faut absolument sauver tous ce qui peut être les conservatoires de graines que ce soit Desbrosses, Kokopelli ou je pense qu’il y en a un peu aussi chez Rabhi mais il faut commencer ce mouvement de s’approprier des semences à nous, de se les échanger et de les sélectionner ca c’est déjà la première chose il faut aussi viser l’autonomie parce que quand le système va arriver au mur écologique il y arrivera d’une maniere ou d’une autre on ne pourra pas manger nos CD, on va pas pouvoir manger nos disques durs non plus, je pense, c’est pas que je sois contre la technologie au contraire je vis et je travaille par cette technologie mais je pense qu’il faut qu’on ait tous la conscience qu’en plus de ce qu’apporte cette magnifique technologie, internet etc, il faut qu’on ait toujours un pied qui continue à être dans la terre pour pouvoir le jour où tout se casse la figure quand même se nourrir et se nourrir correctement. Apprendre à planter, apprendre à nos gosse à planter, apprendre ce que c’est une saison, comment ça pousse, qui pousse quand et comment. Je pense que c’est une des chose qu’on peut tous faire individuellement et qu’on faire en groupe aussi. On peut dire toi tu vas sélectionner ces tomates là moi celle-ci et je pense que c’est aussi un facteur, l’agriculture c’est de la culture

Pour tout ce qu’on vient d’expliquer, je vous invite, à soutenir soit par des actions, que vous ferez vous personnellement soit par des sous à soutenir cette action qui consiste à se réapproprier les semences, les libérer, pour que vous, vos enfants et tout le monde puisse se nourrir avec autre chose que du poison.

Télécharger
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés à vos centre d'intérêts. En savoir + OK